Le Concours Médical
Mai 2019

INNOVATION. Ermont dévoile sa première MSP universitaire

Gaëlle Desgrées du Loû
En signant le 14 décembre dernier la première convention tripartite qui la lie à l’ARS Île-de-France et l’université Paris-13, la MUSSP d’Ermont (Val-d’Oise) est officiellement devenue la première MSP universitaire d’Île-de-France.
Lieu de réflexion et d’expérimentation, cette structure fait la part belle aux usagers.

 

Au-delà de la transversalité des disciplines et des personnes, de l’égalité entre les professionnels et des expertises différentes qui font la richesse d’une maison de santé, la maison universitaire de santé et de soins primaires (MUSSP) d’Ermont se différencie par son envie de servir de lieu de réflexion et d’expérimentation. «  Nous avons, par exemple, développé un comité des usagers et essayons d’impulser une dynamique des usagers pour qu’ils interviennent de plus en plus dans l’orientation de la maison de santé. Dans l’esprit du développement futur d’une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), nous poussons à ce qu’il y ait une orientation communautaire, qu’il s’agisse de questions sur l’offre de soins, les procédures de soins… », indique le Pr Alain Mercier, directeur de la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) d’Ermont. Depuis un an, une quinzaine de personnes se réunissent ainsi régulièrement, à l’image de ce qui se fait en Grande-Bretagne ou en Belgique. Une initiative qui fait écho à ce qui a déjà été mis en place à la faculté et qui vient d’être récompensé par le prix des usagers du ministère de la Santé : au sein du département universitaire de médecine générale de Paris-13, dont le Pr Mercier est également directeur, une partie de l’enseignement est déjà faite par des patients.

En déployant ce label universitaire (voir encadré p. 9), l’ARS Île-de-France vise aussi à dynamiser la recherche en soins primaires. À Ermont, les médecins généralistes participent tous à des protocoles de recherche. Dans le cadre d’une thèse d’exercice, un protocole de réduction et d’arrêt des benzodiazépines sera lancé en juin et impliquera l’ensemble des professionnels de la structure, y compris la secrétaire (quatre médecins généralistes et une remplaçante, deux infirmiers et une remplaçante, une psychologue, deux psychomotriciennes, une pédicure- podologue, une pharmacienne, une diététicienne). Enfin, alors qu’il n’y a pas de faculté de médecine dans le Val-d’Oise, la structure accueille une dizaine d’étudiants par an (externes, internes de 1er et 2e niveau). Leur parcours de stage vise à leur faire découvrir le travail de tous les professionnels de soins primaires. La MUSSP prévoit également d’être lieu de stage pour un éventuel infirmier en pratique avancée (IPA).