Janvier 2019

RÉGION ÎLE-DE-FRANCE. « Doubler le nombre de MSP en 24 mois, un objectif ambitieux mais atteignable »

Dr Alain Trébucq
Riche de plus de 12 millions d’habitants et disposant, avec l’AP-HP, du premier CHU d’Europe, la région Île-de-France n’échappe pas pour autant aux difficultés qui ébranlent le système de santé français. Inégalités de santé, crise démographique, difficultés d’accès aux soins, les problèmes sont nombreux. Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS Île-de-France depuis quelques mois, répond à nos questions.

 

 

Le Concours médical : L’Île-de-France est une région riche, très diverse, jeune. Pourtant, elle affiche de très fortes inégalités de santé inter- et intra-départementales. Quels exemples pouvez-vous en donner ?

Aurélien Rousseau : L’état de santé en Île-de-France apparaît globalement bon au regard de grands indicateurs comme la mortalité ou l’espérance de vie, et pour certains indicateurs thématiques comme la mortalité par cancers ou par maladies cardiovasculaires, les deux premières causes de décès en France. Pour autant, de nombreux sujets nous préoccupent, à commencer par les inégalités territoriales en termes d’espérance de vie à la naissance : selon que vous vivez à Paris intra-muros, à Sarcelles ou à Villeneuve-Saint-Georges, cet indicateur passe de 86 à 80 ans. Et si vous êtes de sexe masculin, l’écart est encore plus grand. Quant au risque d’obésité, il double selon que vous êtes ou non titulaire du baccalauréat. La région francilienne est donc loin d’être homogène. Notre priorité est de repérer ces inégalités le plus tôt possible afin d’inscrire les patients dans le bon parcours de santé où prévention et dépistages avancés doivent occuper toute leur place. Cela passe aussi par un accès facilité aux soins, notamment au médecin généraliste.