Décembre 2018

MIGRANTS : LES ACCUEILLIR MIEUX, EN ACCUEILLIR PLUS

Elsa Dorey

Barrière de la langue, population en transit, traumatismes psychologiques, antécédents médicaux inconnus… les migrants sont des patients aux problématiques de santé et sociales atypiques. Leur accueil en MSP nécessite d’être aménagé. Dans les Hauts-de-France, certaines se sont emparées du sujet. Dès la création en septembre 2017 de la MSP de Creil, au nord de la capitale, Svetlane Dimi, médecin généraliste et infectiologue, est allée à la rencontre des foyers, des centres d’accueil des migrants, des associations pour leur proposer d’orienter les patients migrants vers sa structure. Grâce à cette démarche active, elle reçoit en ce moment jusqu’à cinq nouveaux migrants par jour. Outre l’aménagement de créneaux de consultation spécifiques, un questionnaire d’information a été mis en place permettant à la structure d’accueil d’indiquer si les démarches auprès de l’assurance maladie ont été effectuées, le pays d’origine et le temps de résidence en France. Celui-ci est transmis à une infirmière de la MSP qui reçoit les patients pour une préconsultation. Elle recueille les constantes, procède à certains soins, vérifie les vaccins, effectue les tests de dépistage. Lorsque tout est prêt, Svetlane Dimi les reçoit et se concentre sur la partie médicale. « Avant, il y avait une concentration forte de migrants autour de Calais et Lille, précise Sylvain Derensy, coordinateur de la Femas. Après les évacuations, les populations en transit se sont réparties sur tout le territoire. Leur situation ne relève plus de l’urgence qui peut se présenter dans les camps de migrants mais plus de situations de droit commun. Ainsi, si les structures de soins de santé ne sont pas encore bien identifiées par les organismes non gouvernementaux – de type Médecins sans frontière – comme étant en capacité et ayant la volonté d’accueillir des personnes migrantes, cette situation évolue. » Questionnaires aux adhérents et sondages des bonnes pratiques auprès des ONG implantées localement vont permettre à la Femas de glaner les bonnes pratiques et de les consigner dans un fascicule. « Nous voudrions intégrer dans le circuit du soin un rendez-vous avec la psychologue s’il y a repérage d’un traumatisme », explique Svetlane Dimi, dans l’attente d’un financement.