Décembre 2018

RÉTINOPATHIE DIABÉTIQUE. Améliorer de près de 12 % le dépistage, c’est possible !

Astrid Kerfant, Soins coordonnés
Active depuis cinq ans, l’association régionale de dépistage de la rétinopathie diabétique mise sur la proximité pour faire progresser le diagnostic de cette pathologie en Franche-Comté. Et cela fonctionne ! À l’heure où l’on s’alarme des mauvais taux de réponse des campagnes nationales de santé publique(1), analysons les facteurs de réussite de ce dépistage organisé et itinérant.

 

La rétinopathie diabétique est la première cause de cécité en France. Les personnes diabétiques doivent bénéficier d’un suivi ophtalmologique tous les deux ans, d’autant qu’en moyenne 40 % des diabétiques sont porteurs d’une rétinopathie.

En Franche-Comté, depuis cinq ans, 56 % en moyenne des diabétiques bénéficiaient d’un dépistage en cabinet ophtalmologique libéral. Et compte tenu de la faible démographie des ophtalmologistes, il était peu probable d’espérer une amélioration.

 

UNE FOURGONNETTE SILLONNANT LES CANTONS FRANCS-COMTOIS

Pour prévenir la catastrophe sanitaire, les professionnels de santé de Franche-Comté ont pensé une alternative au dépistage en cabinet. Ils ont constitué, une association(2) dont l’objet principal est d’organiser un dépistage itinérant de la rétinopathie diabétique par télémédecine. Une orthoptiste formée sillonne les cantons à bord d’une fourgonnette équipée. À l’aide d’un rétinographe et conformément aux recommandations de la Haute Autorité de santé(3), elle réalise des photographies de fond d’oeil qui sont transmises par messagerie sécurisée aux services d’ophtalmologie des hôpitaux ainsi qu’aux ophtalmologistes libéraux, chargés de l’interprétation des clichés.

1. Pour exemple, les faibles taux de participation au dépistage du cancer colorectal (stagnant autour de 30 %), ou du cancer du sein (-2,8 pts entre 2012 et 2017).
2. Constituée de médecins généralistes, infirmiers libéraux, pharmaciens d’officine, biologistes, orthoptistes, diabétologues et ophtalmologistes de ville comme de l’hôpital.

3. « En l’absence de rétinopathie diabétique, chez les diabétiques non insulino-traités, équilibrés pour l’hémoglobine glyquée (HbA1c) et la pression artérielle, un intervalle de dépistage de deux ans est suffisant après un examen du fond d’oeil de référence ».
« En cas de diabète et/ou pression artérielle mal contrôlés, un examen au moins annuel est nécessaire. »