Octobre 2018

LIGUE CONTRE LE CANCER. « La prévention doit devenir aussi prioritaire que le curatif »

Depuis cent ans, la Ligue contre le cancer oeuvre pour le soutien à la recherche, la prévention et l’accompagnement des malades, et désormais aussi le plaidoyer politique.
Sa présidente, le Pr Jacqueline Godet, évoque quelques dates marquantes de cette riche histoire et certaines problématiques d’actualité.

Le Concours médical : Dans quel contexte et avec quels objectifs La Ligue contre le cancer a-t-elle été créée ?

Pr Jacqueline Godet : À l’issue de la Première Guerre mondiale, en 1918, le secrétaire d’État aux Affaires sociales, Justin Godart, était atterré par le poids des cancers parmi les survivants du conflit. On les appelait alors « les cancéreux », c’était un fléau social. Très humaniste, Justin Godart a créé la Ligue franco-anglo- américaine contre le cancer avec des médecins qui se sont associés à lui, devenue en 1920 la Ligue nationale française contre le cancer et reconnue d’utilité publique. Dès son origine, la Ligue a eu trois missions sociales : le soutien à la recherche contre le cancer, la prévention et l’accompagnement des malades. Nous poursuivons ces missions aujourd’hui, avec en plus celle de plaidoyer politique et sociétal.

 

Quelles sont les quelques dates clés qui, selon vous, ont marqué l’histoire de la Ligue depuis un siècle ?

J’en citerai cinq. Tout d’abord 1935, année de création de l’Union internationale contre le cancer (UICC) par Justin Godart, qui en devient le président. L’influence française dans l’UICC a été forte jusqu’aux années 1950, puis les Anglo- saxons ont pris le leadership jusqu’à récemment. La Ligue a en effet accueilli le congrès mondial de l’UICC en 2016. Puis 1957, année de la reconnaissance des comités départementaux de la Ligue, qui en fédère 103 aujourd’hui en métropole et outre-mer. Ensuite 1998, année des premiers États généraux des malades atteints de cancer, durant lesquels des personnes malades ont pris publiquement la parole pour la première fois. Un big-bang. En 2015, est obtenu le droit à l’oubli : la convention AERAS améliore les conditions d’accès à l’emprunt et aux assurances pour les personnes guéries d’un cancer, qui n’ont plus à le déclarer cinq ou dix ans après la fin des traitements (voir p. 44). Enfin, 2018, avec la tenue en novembre prochain des premiers États généraux de la prévention des cancers (encadré).