07 Juillet 2015

Les petites mains médicales. Quand Axa et Google auront remplacé les médecins généralistes

Jean Casanova, Chirurgien hospitalier en Midi-Pyrénées

Qui dit diagnostic, dit traitement et le plus souvent guérison. Voilà en quoi, chers lecteurs, la chose est merveilleuse !

 

Mais, nous coupez-vous, le Conseil de l'Ordre des Médecins n'a-t-il pas introduit une requête, pour exercice illégal de la médecine ? Eh bien oui, justement ! La chose est à l'étude. Le Pr Gormat-Jacob, son président national, ne veut pas en rester là. Ses conseils juridiques et ses avocats lui ont pourtant indiqué l'étroitesse de l’angle d'attaque de sa requête. Vous savez que nous sommes en 2025 et que, désormais, toutes les dispositions touchant à la prestation de services ne sont plus du domaine de la loi, cet antique instrument de la volonté et de l'intérêt général, mais du contrat. La prestation de services de santé est maintenant incluse dans le libre-commerce (free trade en anglo-saxon) régi comme vous le savez par l'AGS (Accord Général sur les Services) et le GMT (Grand Marché Transatlantique).

 

Et, ont indiqué les avocats, s'il y a contrat, on ne peut plus parler de loi et le terme d'illégal est totalement vidé de sens. « Nous irons jusqu'au bout ! » a répondu, bravache, le Pr Gormat. « Retroussons-nous les manches ! » et, joignant le geste à la parole, découvrant ses avant-bras de robuste sexagénaire toujours sportif. Inquiétude quant à sa détermination future, nous relevions à ce moment qu'il portait également, lui aussi, l'Axa Watch, du moins son modèle trekking.

 

 La consternation sur place est générale. Détresse des familles, débordement des autorités, scènes de pillage, effondrement de l'économie locale, un mini désastre humanitaire qui plus est, dans cette région du monde souvent frappée par de terribles catastrophes climatiques.