07 Juillet 2015

Les petites mains médicales. Quand Axa et Google auront remplacé les médecins généralistes

Jean Casanova, Chirurgien hospitalier en Midi-Pyrénées

La démographie médicale en France est pratiquement exsangue, numerus clausus depuis 40 ans oblige, le beau métier de généraliste totalement dévalué, les services d'urgences hospitaliers débordés par des files d'attente que même les boulangeries de l'ex-URSS n'avaient jamais connu, et le plus simple, le recommandé, c'est devenu l'usage commun, votre assureur Axa vous y invite et se charge de tout, vous recourez maintenant à la téléconsultation : joindre un conseiller médical (nous ne disons pas un médecin, vous comprendrez plus loin pourquoi) 24/24h et 7/7j, en obtenir un diagnostic et, par télétransmission, une ordonnance. Est encore à l'étude, c'est un peu plus compliqué, la livraison dans les deux heures par Amazon des précieux médicaments, vous débarrassant ainsi des pénibles démarches et déplacements pour rejoindre la pharmacie de garde, souvent distante de quelques centaines de kilomètres.

 

Nous n'en avons pas encore fini avec ce si nécessaire et petit préambule. Il nous reste à vous indiquer que ces sympathiques évolutions de la manière d'être malade et d'y « remédier », si surprenantes qu'elles puissent vous paraître, n'ont été rendu possibles que grâce, les en remerciera-t-on assez, au sens de l'anticipation et à la diligence de nos anciennes autorités , souvent injustement décriées, Mme Touraine, MM. Macron et Sapin qui, chacun dans le domaine respectif de responsabilités qui leur était confié par le Président, ont su travailler, cela n'a pas toujours été simple, aux fondements de ces nouvelles pratiques.

 

Nous ne voulons pas trop détailler, mais retenez sommairement :

  • que grâce à la loi ANI (Accord National Interprofessionnel) de 2014, Michel Sapin avait réussi à mettre en place la généralisation de la couverture-maladie complémentaire pour tous les salariés par le monde de l'Assurance privée, préalable nécessaire à leur dégagement de la Sécurité Sociale, désormais réservée aux chômeurs et personnes âgées, nous voulons dire aux retraités. -
  • enfin, que dans son article 47, la loi Santé 2015 de Marisol Touraine et Emmanuel Macron avait rendu possible l'accès, voire l'achat, par de grands groupes assurantiels et informatiques de toutes les données Santé nous concernant, bien sûr anonymisées avait garanti Marisol, données Santé contenues dans les dossiers des services hospitaliers et les archives de la SS. Ce gigantesque Big Data piloté automatiquement par des algorithmes mathématiques, au service maintenant du monde assurantiel, permettant la mise en place planétaire de la téléconsultation médicale. Ainsi est né, ce n'était pas un 24 Décembre, le divin enfant, Allo-SOS-Docteur.